Le métier de télépilote correspond à la partie vol d'une activité réalisée avec un drone. Il s'agit rarement de piloter seul : c'est le plus souvent une spécialité associée au vol, comme établir une carte, traiter un champ, inspecter une ligne électrique, filmer ou survoler une zone sinistrée.
Ce que fait un télépilote
Le télépilote prépare le vol, vérifie l'espace aérien et la météo, fait voler l'appareil en sécurité et rend les données recueillies exploitables. Lors d'un vol de cartographie, le vrai produit n'est pas le vol mais une carte précise. Les programmes des écoles professionnelles turques citent comme débouchés la défense, l'agriculture, la construction, l'énergie, la cartographie, la recherche et le sauvetage, la gestion des catastrophes et le cinéma.
La licence en Turquie : P0, P1, P2
En Turquie, les règles sont fixées par l'instruction de la SHGM sur les systèmes d'aéronefs sans pilote (SHT-İHA). Dans l'instruction actuelle, l'autorisation de vol dépend du niveau de licence du télépilote et non du poids de l'appareil.
P0 est la licence de loisir, pour les vols non commerciaux. P1 est la licence commerciale, pour une activité commerciale en vue directe, jusqu'à 120 mètres de hauteur et 3 000 mètres de distance. P2 est le niveau le plus complet : il couvre les opérations à haut risque comme le vol hors vue, le vol autonome, le survol de foules et le transport, et il exige au minimum un certificat médical de classe 3.
L'âge minimum est de 10 ans pour P0 et de 18 ans pour P1 et P2. Les licences s'obtiennent par une formation et un examen auprès d'organismes habilités par la SHGM. Une licence diplôme est délivrée d'abord ; l'autorisation de voler vient d'une licence opérationnelle distincte.
Les appareils sont classés selon leur masse : M0 de 500 grammes à 4 kg, M1 de 4 à 25 kg, M2 de 25 à 150 kg, M3 à partir de 150 kg. Un drone jouet conçu pour rester dans un volume de vol très réduit est dispensé de licence et d'enregistrement.
Les voies de formation
La voie la plus courte est la formation à la licence. Une voie plus complète est le diplôme de deux ans en technologie et exploitation des drones proposé par des écoles professionnelles turques ; il ajoute au pilotage la station au sol, l'électronique, la météorologie et les systèmes d'information géographique. L'élève qui vise la conception et le logiciel choisit une formation d'ingénieur.
Les voies à l'étranger
Dans l'Union européenne, et donc en France, la catégorie ouverte repose sur une formation et un examen en ligne pour l'attestation A1/A3, puis un examen complémentaire pour le certificat d'aptitude A2 ; l'âge minimum pour un drone qui n'est pas un jouet est en général de 16 ans. Aux États-Unis, le télépilote commercial obtient un Remote Pilot Certificate au titre de la Part 107 de la FAA : 16 ans minimum, maîtrise de l'anglais et réussite à l'examen théorique de la FAA.
Les matières qui posent les bases
La physique explique la logique du vol : forces, équilibre, effet du vent, batteries et énergie. Les mathématiques, surtout la géométrie et la trigonométrie, servent directement en cartographie et en préparation de vol. La programmation compte de plus en plus pour le vol autonome et le traitement des données. L'anglais permet de lire la documentation des équipements et des logiciels.
Les cours internationaux qui aident
AP Physics 1 construit une mécanique solide. AP Computer Science A donne la base de programmation utile au vol autonome et au traitement des données. IGCSE Physics (0625) apporte la même base plus tôt.
Les idées reçues
Les anciens certificats İHA0 et İHA1 sont encore souvent cités. Avec la nouvelle instruction, ces documents sont convertis vers les niveaux P0, P1 et P2 selon un plan de transition ; l'information à jour se lit sur le site de la SHGM.
Une licence seule ne fait pas un métier. L'employeur paie le plus souvent le produit du vol, pas le vol lui-même : l'expertise dans le domaine d'application est donc décisive.